La révolution iranienne - 1979



IRAN - (Wildcat - trad. Echanges) - En 1979, la révolution iranienne et la contre-révolution islamique ont donné l’image d’une profonde cassure dans la perspective d’une révolution mondiale. La révolution de 1977-1979 fut l’une des plus importantes du xxe siècle, et la contre-révolution, l’une des plus brutales de l’histoire moderne : selon des estimations basses, 20 000 opposants politiques ont été assassinés entre 1979 et 1989.
La désillusion qui a suivi l’échec de 1979 a fait que de nombreux militants de gauche sont désormais incapables d’envisager d’autre objectif que « la démocratie ». L’idéologie anti-impérialiste qui avait cours autrefois (le développement du capitalisme étant une étape nécessaire sur la voie à la révolution, l’impérialisme représentait un frein à cette évolution dans les pays assujettis) et sa permutation actuelle (l’Organisation des Nations unies, l’Union européenne, Obama, les syndicats occidentaux, l’Organisation internationale du travail, etc. doivent servir à ouvrir la voie vers la démocratie) sont les deux faces d’une même médaille : toutes deux ignorent l’énorme potentiel social de 1979.

Italie/Belgique : la colère ouvrière dépasse les bureaucrates syndicaux

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Italie/Belgique - (euronews/itele) La grogne sociale a envahi l'Italie.
A Padoue, de nombreux policiers ont été blessés lors de rixes avec les protestataires. Padoue, à une quarantaine de kilomètres de Venise, est une des 25 villes italiennes où l'on manifeste en ce vendredi contre les réformes du gouvernement de Matteo Rennzi, et en particulier contre le Jobs Act , la réforme du marché du travail.

Mexique : les prolétaires de l'Education dans la lutte

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MEXIQUE - (euronews) Des centaines d'enseignants d'une coordination radicale (la Coordination enseignante du Guerrero, ou Ceteg) ont incendié hier le Parlement de l'État du Guerrero, là où 43 étudiants ont sans doute été tués. Les manifestants ont pris d'assaut les lieux où n'était présent aucun député, puis ils ont mis le feu à la salle de l'assemblée plénière. Plus tôt, les manifestants s'en étaient pris au siège local du ministère de l'Éducation. 
Ni oubli, ni pardon. Lutte de classes.

Les néo-staliniens de Démosphère choisissent le camp rouge-brun

La fosse à purin rouge francophone s'illustre dans son hostilité au soutien à la lutte antifasciste de Kobanî. Donneurs de leçon éternels au fond de leur salon se permettant de dispenser leur morale asthmatique en exigeant la réécriture d'appels à soutien aux résistants anti-jihadistes, les néostaliniens de Démosphère, proches des pouvoirs anti-ouvriers en Iran, Syrie, Russie et ailleurs, ont fait de l'anti-impérialisme sélectif leur marque de fabrique aux côté des Skandrini, D. M'Bala M'Bala et autres Bonnet de Soral. Nous aimerions savoir qui se cache derrière ces insultes à la résistance de Kobanî car il y aura demandes d'explication politique comme le font d'usage les militantes et militants d'Action Internationaliste. En attendant nous proposons ici la lecture d'un article de l'excellent site "Confusionnisme".

FRANCE/KURDISTAN - (Confusionnisme.info) Rendez-vous de soutien à Kobanê refusés : où va Démosphère Paris ?

Engluée dans une ligne campiste1, la modération de l’agenda alternatif Démosphère de la région parisienne, très populaire parmi les militants de gauche, a refusé de faire la promotion de la journée mondiale de soutien à Kobanê, au prétexte que la guerre contre Daesh servirait les intérêts de l’impérialisme occidental. Décryptage.
Ce week-end, Démosphère Paris a obstinément refusé, malgré de nombreuses demandes, de publier les rendez-vous en lien avec Kobanê2, alors même que le 1er novembre était une journée mondiale de soutien à la lutte exemplaire du peuple kurde contre Daesh et les régimes oppresseurs de la région3. On peut en deviner les raisons en relisant le bandeau d’avertissement qui déjà, le 18 octobre dernier, avait accompagné l’annonce d’une précédente manifestation de solidarité4 : « cet appel ne dénonce pas le rôle joué par la « coalition » (US, Arabie Saoudite,.. France) dans l’émergence de l’EI. Il ne dénonce pas non plus cette nouvelle guerre impérialiste, et les visées hégémoniques des classes dirigeantes occidentales sur cette région. » Ce n’est pas la première fois que l’agenda militant parisien refuse des rendez-vous en lien avec les luttes populaires dans les pays du Moyen-Orient, notamment en ce qui concerne l’Iran ou la Syrie.

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Iran : une renaissance ?


Nous présentons ici un texte, premier d'une série à venir concernant les luttes des classes en Iran, initialement rédigé par un groupe révolutionnaire allemand, Wildcat. Nous sommes globalement en accord avec l'essentiel du texte, les divergences portant sur les catégorisations sociales qui ne sont pas issues du marxisme, comme l'emploi du terme "classes moyennes" par les auteurs, catégorisation issue de la sociologie bourgeoise, définie principalement selon une échelle de capacité de consommation, et non, au sens marxiste comme position de classe au sein des rapports de production capitalistes. Nous étions cependant en accord avec ce texte lors de sa publication en 2010, et notamment sur sa conclusion dialectique affirmant "si derrière la vague verte ne se prépare pas une vague de cols bleus, qui serait, elle, beaucoup plus forte."

 IRAN - (Wildcat - trad. Echanges)

La rente pétrolière

L’histoire du « capitalisme iranien » commence avec le mouvement constitutionnaliste de 1906 (1), contemporain de la révolution russe de 1905, qui a suivi les premières recherches de pétrole par les Anglais à partir de 1901. Le développement capitaliste de l’Iran est, donc, dès ses origines, lié au pétrole sur le marché mondial. Depuis les années 1960, surtout depuis la « révolution blanche » de 1963 (2), l’Iran est un pays capitaliste moderne, bien qu’il dépende en partie de ses exportations de matières premières. Le boom pétrolier (et l’explosion des prix du pétrole après 1973 et 2005) a permis au régime en place de s’engager à fond sur la voie d’une dictature du développement ; le secteur public de l’économie est à peu près aussi important que le secteur privé : les statistiques iraniennes font état d’environ 20,47 millions d’actifs, pour une population de 73 millions, dont 5,48 millions dans le privé et 5 millions d’« employés d’Etat », qui vont du Pasdaran (3) jusqu’à l’employé de l’industrie automobile publique, auxquels s’ajoutent 1,53 million d’« employeurs » et 7,36 millions d’indépendants (4). Le développement et l’énorme appareil d’Etat sont financés tous les deux par la rente pétrolière. La plus-value produite par les travailleurs dans d’autres régions du monde, notamment dans les pays importateurs de pétrole, incombent en partie à l’exportation du pétrole par l’Etat iranien. C’est ce mélange entre dépendance et développement forcé qui, dans les années 1970, avait conduit à la grave crise économique qui allait déboucher sur la révolution de 1979, et le gouvernement d’Ahmadinejad se heurte actuellement au même problème structurel.

La crise

La hausse des revenus du pétrole a provoqué, entre 2005 et 2008, un triplement de la masse monétaire et une poussée inflationniste de 10,4 % à 25,4 %. Le régime a cherché à en amoindrir les effets par des facilités de crédit et des subventions, mais, malgré cela, la pauvreté et la crise du logement se sont accrus. La chute du prix du pétrole de 148 à 40 dollars le baril, à l’été 2008, a creusé de larges trous : il manque 25 à 30 milliards de dollars au budget de l’Etat pour 2009, et 6 milliards de dollars doivent être récoltés afin de pouvoir payer les salaires et traitements des fonctionnaires d’Etat. L’Iran a besoin de crédits mais a de grosses difficultés à en obtenir, en partie à cause de la crise mondiale. L’inflation ne cesse de croître (depuis le début de cette année, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 40 %), la production industrielle se contracte. Au printemps 2009, les chômeurs étaient officiellement 2,7 millions, mais on compte comme « actif » toute personne ayant travaillé ne serait-ce qu’une heure dans les jours précédents l’enquête ; d’où il ressort que les chiffres réels du chômage sont beaucoup plus élevés.
Une période de sécheresse, qui persiste depuis 2008, est venue s’ajouter à la baisse des revenus du pétrole. L’arrêt de centrales hydrauliques a créé des goulots d’étranglement dans la distribution d’électricité mais, surtout, la production agricole a dramatiquement reculé, un tiers de la superficie des terres cultivables devant être irrigué. Cela faisait seulement quatre ans que l’Iran était parvenu à ne plus dépendre des importations de froment ; en 2008, il dut en importer à nouveau 4 millions de tonnes. Avant l’éclatement de la crise actuelle, l’Etat devait déjà prélever 4,5 millions de dollars sur le fonds de devises mis en place par Khatami (5), dit « fonds pour l’avenir », afin d’importer les moyens de subsistances qui manquaient.
En été 2008, le budget pour l’importation d’essence était épuisé et le gouvernement a dû à nouveau prélever des dollars rapportés par la vente du pétrole pour importer de l’essence.