Israël : banalisation de la violence fasciste


PROCHE ORIENT - Nous avions déjà vu les liens entre les militants de l'extrême droite israélienne et l'imagerie néo-nazie militante qu'ils partagent paradoxalement avec nombre de nationalistes antisémites occidentaux. Au-delà du fétichisme folklorique propre aux mouvements fascistes c'est à un regain de violence de l'extrême droite raciste israélienne que nous assistons. Comme en Europe, la parole raciste décomplexée et la bienveillance des autorités sont les éléments principaux de cette explosion de la violence fasciste.
Des rassemblements contre la guerre ont été attaqué par des militants racistes ultra-violents. En Israël, chaque jour, une manifestation est organisée contre la guerre faite aux palestiniens par le gouvernement, ce qui n'est évidemment pas du goût des fascistes. A Tel Aviv, un rassemblement a ainsi été attaqué avec une rare violence par des excités nationalistes.

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D'une façon générale les nationalistes ont pris confiance en eux, encouragés par le racisme institutionnel, et ne se contentent plus d'attaquer les pacifistes isolés comme dans le passé, mais s'en prennent frontalement aux rassemblements de gauche et ceci même dans des villes mixtes comme Haifa. C'est d'ailleurs à Haifa, bastion historique de la gauche pacifiste, que va s'opérer la première jonction entre le racisme fascisant des autorités et les gangs nationalistes : tandis que ces derniers, environ 1500 fascistes, attaquent les quelques centaines de manifestants, la police prend à revers les pacifistes agressés pour procéder à des arrestations brutales. L'Union sacrée ne tolère plus les dissidences, le racisme n'est plus voilé comme base politique mais est utilisé comme un istrumet systématique d'oppression et de domination en Israël.
Lors de la manifestation pacifiste perturbée de Tel Aviv la police laissait systématiquement le champ libre aux fascistes pour commettre leurs exactions. L'objectif est double : il ne s'agit pas que de terroriser les dissidents pacifistes, il s'agit également de créer des troubles qui dégénèreront un jour en affrontements plus larges.

L'agression de militants pacifistes, d'une façon aussi ouverte est une nouveauté en Israël, il n'en est pas de même pour la violence raciste. Cependant la recrudescence des violences racistes trouvent en écho la bienveillance des autorités qui par le passé avait seule le monopole des agressions raciales, en territoire palestinien. Les agressions racistes par des gangs fascistes sont désormais très courantes et se présentent sous la forme de chasse à l'homme dans les rues des grandes villes israéliennes : Arabes, Palestiniens, Soudanais, et plus généralement les immigrés africains ou asiatiques sont pris à partie violemment dans l'indifférence générale.

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La vidéo ci-dessus montre un rassemblement raciste qui dégénère vers la fin en véritable expédition criminelle : il s'agit de trouver des arabes pour les brutaliser. Cependant la lecture raciale des fascistes peine à s'accorder au réel -et c'est ce qui limite ce type de violence- car nombreux sont les Juifs israéliens (et en premier ces militants fascistes) à être arabes eux-mêmes :il est alors difficile de faire la distinction entre un juif Mizrahim et un Arabe palestinien. Les gangs racistes ont alors recours à un certain profilage social en ciblant les professions exercées majoritairement par des Arabes ou des Palestiniens comme les chauffeurs de taxi. Bien entendu Jerusalem n'est pas épargnée par ces violences, en juillet deux palestiniens étaient attaqués dans les quartiers ouest de la ville, sur Jaffer Street, alors qu'ils travaillaient sur un marché. Deux jours plus tard, cette fois-ci à l'est de la ville, deux palestiniens, Amir Shwiki et Samer Mahfouz, étaient lynchés par un gang d'une trentaine de nationalistes armés de bâtons et de barres de fer. La vidéo ci-dessous illustre clairement le parti pris des autorités lorsque la police attaque, à Haifa, les manifestants anti-colonialistes, majoritairement arabes, pour aider les provocateurs nationalistes.

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Des bus et des trains conduisant des travailleurs arabes à leur travail ont été attaqués par les fascistes. Les rues sont envahies de manifestations systématiques aux cris de "mort aux arabes" et "faisons de gaza un cimetière".

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Les travailleurs migrants sont également des cibles de choix pour les militants fascistes, notamment ceux de l'organisation Otzma LeYisrael ("Strong Israël") qui organisent fréquemment des patrouilles pour intimider les réfugiés africains comme le montre la fin de la vidéo ci-dessus.

Cependant les autorités jouent consciemment avec le feu, sans doute pour criminaliser à l'avenir le mouvement pacifiste qui se sait déjà contraint à l'auto-défense comme le reconnaissent de nombreux activistes. Si la rue est laissée aux fascistes par les autorités, comme en Grèce, la situation risque alors de devenir incontrôlable car aussi bien les activistes arabes que les ultras anti-racistes (comme ceux de l'Hapoël Tel Aviv) -habitués les uns et les autres aux affrontements urbains- pourraient également très bientôt se retrouver dans la rue pour répondre aux agressions racistes de leurs ennemis historique. Un petit groupe antifasciste, Antifa 972, a été créé, et il pourrait bien servir de catalyseur coordonnant les actions contre les fascistes à l'avenir. Ces militants se ont déjà illustrés lors d'une manifestation à Tel Aviv en formant un black bloc pour protéger les manifestants pacifistes : la réaction de la police ne s'est logiquement pas fait attendre.